EX-SITU

POSTULAT

Une certaine idee de la ville

Le point de départ de ce projet est une image de la ville jour après jour plus consensuelle – renforcée par l’effet de « ville générique » ainsi qu’une main mise du marché sur l’urbanisme contemporain. Je me pose la question d’alternatives aux grandes opérations de logements ou tertiaires, parfois qualitatives par leur singularité, mais souvent pauvres pour la rue, pauvres pour le rythme et l’épaisseur de la ville.

Pouvons nous encore dégager des potentiels de la ville émergente ainsi que des villes traditionnelles et historiques?

Les palpitations du quotidien et l’inattendu surpasseront toujours les cadres normatifs issus de la généralisation des opérations d’aménagement. Il semble que l’urbanisme proposé aujourd’hui n’est plus tenable, qu’il suppose des systèmes de maîtrise et de contrôle de phénomènes qui nous dépassant, une logique totalement opposée à la ville en constante recomposition, celle du marché et de l’avènement d’un urbain hégémonique. L’objectif est d’exploiter cette puissance, cette inertie du marché pour repenser les processus d’opérations, nourrir l’imaginaire et ainsi réapprendre à se laisser surprendre. Réutiliser, détourner, renouveler, s’approprier… à l’image de certains pays émergents, illustrant leur capacité à bouleverser leurs modes de vie dans un temps très serré. Cette image personnelle de la ville repose sur des ressentis. Cependant il m’importe de questionner la ville en mettant en place une méthode de recherche aussi analytique que sensible.

L’objectif est de confronter le regard à l’émergence de tissus et formes urbaines pour arriver à mettre au jour des pratiques, à en proposer des alternatives et des prospectives.

Bien que ce constat puisse s’appliquer à des territoires à grande échelle, le but n’est surtout pas de travailler sur un urbanisme directeur mais plutôt sur l’objet architectural dans la ville_ prototype proliférant, adaptatif et capable de se renouveler.

PROCESSUS DE PROJET

Si la majeur partie du bâtit construit en France est aujourd’hui calqué sur des modèles qui constituent l’aspect générique de l’architecture urbaine et péri-urbaine, il importe peut-être de décaler les processus de projection, de repenser les protocoles d’édification et de planification. A travers la mise en place d’outils de références, crées et adaptés pour la mise en place de situations imprévues, de proximités, et d’une urbanité plus flexible. Il faut se confronter à un travail de recherche théorique sur les typologies urbaines existantes, génératrices d’espace public plus ou moins définis. Mettre en exergue les limites dans la manière de créer de la ville, de gérer les confrontations qui sont traitées aujourd’hui par des plans locaux d’urbanisme. Comment le rythme, l’aléatoire, l’altérité peuvent être stimulés par la définition d’outils identifiés.

Ce travail sera appliqué à un site représentatif de ce type d’architecture générique, par sa composition, son histoire et son lourd processus. Injecter de la réactivité, pour coller aux nécessités instantanées. S’il est incertain d’imaginer concevoir la ville selon les besoins futurs au-delà de deux ou trois décennies, traiter l’architecture pour lui donner les moyens de s’adapter, de se renouveler apparaît plus modeste, et peut-être plus efficace sur le long terme.

Croquis de David Mangin - Mixité visuelle
Croquis de David Mangin – Mixité visuelle

L’idée principale pour redonner de l’aléatoire et accepter l’hétérogénéité visuelle comme « condition sine qua non » tout en maintenant  des règles minimum de continuité de l’espace public, pourrait être de mettre en avant la possibilité d’appropriation. Le pouvoir suprême de l’appropriation serait sans doute de se défaire de la norme et d’offrir une infinité de plans libres appropriables à souhait. Mais cette idée, exploitée par les utopies d’archizoom comme suggestion d’une humanité affranchie des contraintes de l’architecture, luttait pour une culture alternative, espérait un style de vie non conformiste et totalement libre. Une réelle appropriation correspond plus à des espaces thématiques, qui correspondent à des types de tempérament, de personnalités, de pratiques urbaines. Jusqu’où faut-il alors planifier, élaborer, projeter un espace sans à la fois ni tomber dans le carcan normatif, ni verser dans l’anarchie et l’abolition de l’architecture?

Rem Koolhaas – L’art de bâtir la ville – Mutations

DES OUTILS POUR LA VILLE

Appropriation

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